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Visite mémorielle au camp du Struthof : former des cadres dirigeants conscients et engagés

Le mardi 22 septembre dernier, 175 élèves de l’INSP et de l’INET se sont rendus ensemble sur le site du camp de concentration de Natzweiler-Struthof et du Centre européen du résistant déporté. Organisée dans le cadre du bloc d’enseignements « conduite de l’action publique », cette journée mémorielle invitait les futurs cadres supérieurs et dirigeants de l’État et des collectivités territoriales à interroger leur posture managériale sur le devoir de vigilance et la défense des valeurs républicaines.

25 septembre 2026
Crédit image | ©Axel Dorr • Institut national du service public (INSP)

En réunissant, au Struthof, 125 élèves de la promotion 2026-2028 de l’INSP et 50 élèves de la promotion Colette et Pierre Soulages de l’INET, l’Institut national du service public et l’Institut national des études territoriales ont réaffirmé leur volonté commune d’ancrer la culture du devoir et de la vigilance au cœur de la formation de l’encadrement supérieur de l'État et des collectivités.

Cette démarche s'inscrit en outre dans le cadre des orientations nationales de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations, qui prévoient l'intégration d'une visite mémorielle obligatoire durant le cursus des élèves.

Un engagement réaffirmé

Lors des mots d'accueil prononcés à Natzwiller aux côtés de Muriel Langner, maire de la commune, et de Michaël Landolt, directeur du Mémorial, de Anne-Laurence Bing, cheffe de service de la scolarité à l’INET, Jérôme Filippini, directeur de l’INSP, a souligné la portée républicaine de ce déplacement conjoint avec l'INET.

« Se souvenir du pire, comprendre les ressorts de la haine et de la barbarie pour agir en conscience face aux atteintes à la dignité humaine fait pleinement partie de la formation des futurs cadres dirigeants de l’État et des collectivités territoriales. Face à la recrudescence des actes racistes et antisémites, nos instituts se doivent d’être exemplaires. Comprendre l’histoire des heures les plus sombres, honorer les morts, se souvenir des résistants et déportés, prêter attention au travail des historiens, des archéologues et des protecteurs du patrimoine : autant de compétences qui participent à la construction d'une posture professionnelle inflexible, fondée sur le respect de l'État de droit, l'impartialité et la défense sans concession des valeurs républicaines.  »

Jérôme Filippini

  • Directeur de l'INSP
Crédit image | ©Axel Dorr • Institut national du service public

Un parcours pédagogique au cœur de l'histoire concentrationnaire

Seul camp de concentration implanté sur le territoire français en l’Alsace annexée, le Struthof est l’une des illustrations de la barbarie nazie et de la déshumanisation. Entre 1941 et 1945, environ 50 000 prisonniers de 32 nationalités y sont enregistrés. Pour le camp principal, les détenus sont majoritairement des opposants politiques ou des résistants. Pour les camps annexes, il s’agissait essentiellement de travailleurs forcés raflés dans les pays de l'Est de l'Europe, dont 17 % sont juifs.

Répartis en cinq groupes thématiques guidés par les équipes du Mémorial et des historiens, les élèves ont exploré plusieurs dimensions du site : de la Kartoffelkeller construite par des déportés « Nacht und Nebel » au funeste site de la chambre à gaz, en passant par l’expression artistique en milieu concentrationnaire, le travail de mémoire et l’étude des parcours de déportés au Centre européen du résistant déporté. 

Cette immersion a également permis d’appréhender les enjeux de conservation, de restauration et de transmission d’un patrimoine exceptionnel du ministère des Armées, géré par l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG).

« Ce temps mémoriel fut un moment intense de réflexion, de cohésion et de commémoration. Commémorer, c’est se souvenir des crimes commis, en masse, ici en Alsace mais aussi partout en Europe et dans le monde, avec une barbarie impardonnable. Commémorer, c’est se recueillir sur la mémoire de celles et ceux qui furent des victimes dont l’humanité fut niée. C’est aussi comprendre la force de résistance qui nous a permis de nous relever, de combattre et de faire gagner nos valeurs. Ce devoir nous impose de garder à l’esprit ce qui doit être fait pour préserver notre avenir et nous prémunir contre ce Mal qui n’est jamais bien loin.  »

François Nadaud

  • Élève-fonctionnaire, promotion 2026-2028
Crédit image | ©Axel Dorr • Institut national du service public

Comprendre l'histoire pour éclairer la responsabilité publique

Au-delà du recueillement, cette journée visait à analyser les conditions dans lesquelles les institutions démocratiques peuvent être fragilisées et à étudier comment l’arbitraire peut s’installer lorsque les contre-pouvoirs s’affaiblissent. 

Ce moment de mémoire résonne particulièrement pour les élèves de l’INSP, héritiers aujourd’hui de figures comme Paul Teitgen, résistant déporté au camp de Natzweiler-Struthof et élève de la toute première promotion de l’ENA, la promotion « France Combattante ».

« J'ai été particulièrement marqué par le travail mené par les équipes scientifiques pour faire dialoguer histoire et mémoire. Cette journée, qui permet de découvrir un univers concentrationnaire déshumanisé, est nécessaire pour poursuivre un questionnement personnel sur l’obéissance hiérarchique et cultiver une conscience qui précède toujours le devoir. Elle a le très grand mérite de poser les bonnes questions à chacun d’entre nous, quels que puissent être nos métiers et versants de service à l’avenir. »

Romain Costes

  • Élève-officier, promotion 2026-2028

Un hommage solennel à la Nécropole nationale

La séquence s’est achevée à la Nécropole par un moment de recueillement collectif. Un binôme d’élèves formé d’un représentant de l’INSP et d’une représentante de l’INET a déposé une gerbe au nom des deux instituts, avant une minute de silence et le chant de la Marseillaise.

Crédit image | ©Axel Dorr • Institut national du service public

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