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« Faire ensemble » : l’INSP cultive l’esprit d'équipe et la coopération entre élèves

Au-delà des enseignements, l’Institut national du service public multiplie les initiatives pour cultiver le « faire ensemble ». L’enjeu est de permettre aux élèves de se nourrir de la richesse de leurs parcours respectifs. C’est ce qu’expérimentent actuellement les élèves de la promotion Gisèle Halimi, de retour d'une année intense sur le terrain ainsi que les élèves internationaux (Cil) et les officiers-élèves de la promotion Missak et Mélinée Manouchian.

27 mai 2026
Crédit image | ©Institut national du service public (INSP)

La transversalité et la capacité à conjuguer les talents font partie des défis de l'action publique. Pour Jérôme Filippini, directeur de l'INSP, l'Institut a un rôle de « facilitateur » : il crée les conditions pour que les élèves de différentes promotions s’enrichissent mutuellement. L'ambition est de permettre à chacune et chacun de s’ouvrir à d’autres pratiques professionnelles et culturelles : « Il s’agit pour nos élèves et auditeurs d’avoir une approche ouverte sur le monde pour se déprendre de ses habitus, s’adapter, comprendre d’autres modes de fonctionnement. » 

Le sport comme langage commun

Pour concrétiser cette ambition, l’INSP mise notamment sur des séquences de cohésion par le sport. Le Rowing Club de Strasbourg a ainsi accueilli les 80 élèves pour leur proposer 6 activités différentes: aviron, avifit, circuit de renforcement musculaire, badminton, fitness/danse et marche nordique. Ici, lobjectif est la rencontre. En partageant une embarcation ou un terrain d’évolution, les élèves découvrent lexigence de la synchronisation et de la coopération. Comme au sein de l’État, la réussite dépend de la capacité de chacune et chacun à s'accorder au rythme collectif. Les activités physiques sportives et artistiques (APSA) deviennent alors un terrain privilégié pour cultiver l'écoute et la solidarité.

« Lors des séances d’aviron, j'ai été frappée par une évidence : malgré nos différences de taille, de sexe ou de force musculaire, nous devions impérativement adopter un rythme collectif pour avancer. C'est une métaphore exacte de notre futur travail : se coordonner et collaborer. Ce type d’activité crée une proximité qui facilite ensuite les échanges de fond. Je suis véritablement "fan" du cursus proposé par l’INSP. Le partage d'expériences avec les élèves français et internationaux agit comme un miroir pour mes propres pratiques. En discutant avec les autres élèves, cela m’a amenée à réfléchir à la manière dont nous menons nos politiques publiques au Japon sur le vieillissement de la population, l’économie ou encore la sécurité. Cette immersion a totalement élargi mon horizon ; alors que je me concentrais jusqu'ici sur la zone Asie, j'ai aujourd'hui envie de m'ouvrir à de nouveaux partenariats internationaux. »

Ayumi Kudo, diplomate japonaise, élève du cycle international long, promotion Missak et Mélinée Manouchian

Retour en images sur les activités physiques sportives et artistiques (APSA)
Retour en images sur les activités physiques sportives et artistiques (APSA)

Croiser les regards sur le terrain

Cette mixité est une richesse. Comprendre la grille de lecture dun officier ou dun homologue étranger est un atout indispensable pour les cadres supérieurs de demain. Cest dans cet esprit douverture que les élèves multiplient également les visites de terrain en groupe.

À la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), les échanges avec son président, Mattias Guyomar, ont pris une résonance particulière avec l’évocation de lhéritage de René Cassin et les défis contemporains auxquels la Cour fait face. De même, lors de la visite, à Strasbourg, de la caserne de gendarmerie Sénarmont, le Général Gwendal Durand a illustré dans son propos limportance du collectif dans lengagement au service de lEtat. 

Ces moments passés ensemble bousculent positivement les certitudes, notamment managériales.

« Ce que je trouve enrichissant dans ce cursus partagé, c'est la possibilité de découvrir nos différences d’approche des dossiers techniques ou de certains aspects managériaux. Les officiers intégrés à notre promotion sont habitués au commandement qui implique des responsabilités qui peuvent aller jusqu’à l’engagement de la vie des hommes et des femmes placés sous leur responsabilité. Pour nous, futurs administrateurs de l’Etat, l’objectif à l’issue de l’INSP ne sera pas de commander mais de manager. Ce n'est pas la même chose, et il ne faut pas s’y tromper, sinon le risque serait de rapidement devenir autoritaire. Pour bien manager une équipe, il faut être à l'écoute de chacun de ses membres, s’adapter, et, sans évacuer la position hiérarchique, avoir une forme de souplesse et d’intelligence émotionnelle. Découvrir le commandement permet aussi de percevoir ce qu’il a de commun avec le bon management : la clarté, l’intérêt des missions, le caractère enthousiasmant du cap donné. Au fond, comme un officier, un fonctionnaire en responsabilité doit être irréprochable et engager ses équipes autour d’objectifs mobilisateurs. Cette ouverture se vérifie aussi à l’international. Avant mon stage à l’Ambassade de France en Ouzbékistan, j’ai beaucoup échangé avec mes deux camarades ouzbèke et kazakhe. Aujourd’hui, la première a réintégré son administration d’origine et travaille directement avec mes anciens collègues à Tachkent, sur des sujets que j’ai contribués à porter. Ce rayonnement européen et international de l’INSP est une force !  »

Loïc Ghostine, élève français de la promotion Gisèle Halimi

Retour en images sur la visite à la Cour européenne des droits de l’homme et à la caserne de gendarmerie Sénarmont
Retour en images sur la visite à la Cour européenne des droits de l’homme et à la caserne de gendarmerie Sénarmont

Faire vivre l’esprit d’équipe

Qu'il s'agisse de découvrir les enjeux de sécurité sur le terrain militaire ou de coordonner un effort sur l’eau, le fil rouge de ces séquences demeure l'humain. Ces moments d'échanges formels et informels permettent aussi de lever les tabous et d'aborder avec sincérité les réalités de chaque métier, des opérations extérieures à l'égalité professionnelle. Pour les élèves, il ne s'agit pas seulement de cohabiter, mais de construire une confiance mutuelle qui sera le socle de leur future collaboration au sommet de l'État.

« L’atout de l’INSP, c’est de nous mélanger en permanence entre les élèves de formation initiale, du Cil et les officiers, que ce soit lors des activités sportives ou des mises en situation professionnelles. C’est là que nous découvrons nos complémentarités. Nous, militaires (français ou étrangers d’ailleurs !) apportons notre expérience du commandement en gestion de l'urgence ou des crises, tandis que nos camarades civils nous éclairent souvent sur les rouages de l'État français et que nos camarades du Cil nous permettent de mieux comprendre les similitudes et différences entre nos administrations respectives. Cette solidarité de promotion devient vite très concrète. Par exemple, pour préparer mon stage à la CAF de Strasbourg, j’ai pu bénéficier des conseils, des lectures et du réseau d’un camarade qui a des liens avec les ministères sociaux. C'est ainsi qu'on tisse des relations basées sur ce sens de l'intérêt général qui nous rassemble. Demain, en interministériel, on aura ce réflexe de pouvoir "appeler un-e ami-e" rencontré-e à l'Institut pour débloquer une situation ensemble. C’est précieux.  »

Nelly Terribile, officier du corps technique et administratif de la Gendarmerie nationale, élève de la promotion Missak et Mélinée Manouchian

Crédit photo | ©Matthieu Caugy • Institut national du service public (INSP)

En multipliant ces expériences, l'INSP ne forme pas seulement des experts des politiques publiques, mais une communauté de cadres supérieurs capables d’écouter, d’inclure et de s'inspirer mutuellement pour mieux servir l'intérêt général.

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